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......La journée de lycéenne s'achève bientôt. Le cours de Géographie me paraît d'une longueur incommensurable. Je veux quitter les cours, mais en même temps pourquoi vouloir se précipiter pour rentrer ? La seule chose qui m'attendre, à part un ennui perpétuel, est mon sacs de pixels. Dudulle. Et aussi mon frère, mes frères que j'aime. Je suis si maladroite avec eux, parfois j'en hurlerais de rage. Mais bon ils m'aiment bien quand même, après tout nous avons le même sang. Ah enfin la sonnerie, je note les devoirs sur un coin de mon agenda, jette mes affaires dans mon sac et descends précipitament les escaliers.
......Je sors de l'enceinte des bâtiments, je continue ma course sur le trottoir. Un agent d'entretient le passe à une sorte de Carcher. J'attends patiemment, plutôt que de prendre le risque de passer sur la route à une telle heure, et enfin je passe sur le goudron à la toujours aussi belle couleur bordeaux, mes semelles se mouillent, comme mes cheveux sous la pluie. Je descends sur les escalators, quelques élèves sont devant moi, mais je sais qu'ils vont dans l'autre sens. Me voilà sur le quai, je range mon ticket dans mon sac.
......La rame arrive, je monte dedans, les yeux baissés. Soudainement prise d'un souvenir ancien, je lève la tête vivement et regarde l'avant de la rame.
......Je vois trois enfants, deux garçons et une petite fille, contempler le réseau de tunnels à travers la grande vitre. Sous la lumière électrique jaune, et le regard bienveillant d'une mère. Ils tentent, sans succès, de compter le nombre de lampes à néon entre deux stations. Ils rient, s'amusent, discutent avec une grande complicité. Mais déjà, le métro ralentit, ils descendent là, eux, ils vont visiter le Capitole certainement pas pour la dernière fois. Un peu déçus, ils descendent, tirant leur mère par la main qui a un large sourire aux lèvres. Leur vision s'estompe déjà. Pour eux, voilà une belle après-midi qui démarre.
......Et pour moi, voilà une journée sombre qui se termine. Là aussi, je ne vais pas dans le même sens que ces petits enfants. Mais je me fais la promesse d'aller faire quelques pas samedi sur la place du Capitole, et dans la rue Saint-Rome. Je vais d'ailleurs rarement dans le bon sens, celui du plus grand bonheur. Mais souvent, il suffit de peu pour être comblé de joie. Voilà pourquoi l'idée de me plaindre et de me faire plaindre ne me viendrait jamais à l'esprit. Chacun sa route et ses malheurs.
......Terminus. Je descends enfin de la rame et passe par l'escalator pour descendre, je veux voir si mon frère est là ou pas. Non. Zut. Et bien sûr, pas de portable. Et bien sûr, je me retrouve comme une conne. Je me dirige prestement vers les téléphones, en saisis un avant d'appeler en PCV. J'appelle chez moi, c'est Paul, mon autre frère qui me répond. Fabien n'est pas rentré, il travaillera sûrement tard. Je raccroche et je soupire. En avant pour le bus.
......Je monte dans le bus, passe mon ticket et m'assois pas trop loin de la porte. Arrêt après arrêt, on se rapproche. Le voyage a duré exactement 40 minutes aujourd'hui. Pas trop mal. Terminus, je descends. Une petite marche m'attends, que j'entreprends moins rapidement que dans Toulouse. La seule pensée à me réconforter, c'était encore et toujours Dudulle, parce que Xavier rentrera alors que j'aurais déjà mangé. Quelques minutes et crampes plus tard, je franchis le portail. Ah ce portail, je l'ai tant de fois ouvert et refermé ! Même quand ils étaient encore là. Avant qu'on nous les arrache sauvagement, comme on les a arrachés à la lumière.
......Comme prévu, Paul est déjà rentré. Pourquoi, je préfère ne pas le savoir. Ni même le dire à mon autre frère, je ne veux pas qu'il ait à se mettre en colère après sa dure journée. Et puis, Paul est tout de même majeur, il se débrouille. C'est justement son indépendance, son côté rebelle-et-racaille, c'est ça qui l'a éloigné de nous. On manque de complicité avec lui. Un jour c'est blanc, l'autre noir. Je me méfie, parce que les jours noirs, il ne vaut mieux pas trop le coller sinon on risque vite de finir encastré dans un mur comme un bas-relief. Et puis, à la maison, depuis quelques années il a plutôt l'air d'un colocataire, sort et rentre n'importe quand, fait sa vie, à part le dimanche midi où par respect, il mange avec nous. En famille. Du moins ce qu'il en reste. Je souffre de cet éloignement, Xavier aussi même s'il ne l'avouera jamais. Il a toujours eu un côté mère-poule, et quand un poussin est réfractaire à ce niveau, il s'en veut de ne pouvoir plus faire grand-chose. Au moins, il a une autorité assez conséquente sur lui, par rapport a quiconque ayant essayé de lui indiquer le droit chemin. Mais bon, c'est mon frère, je l'aime même s'il ne le rend que peu.
......Je mets 3 steacks à décongeler et les fais cuire. Pendant ce temps, j'observe un chat au dehors, si indépendant, tranquille, sans soucis. Ah, je ne l'envie pas tellement, moi aussi je suis en vie, ce qui est déjà beaucoup. Toi qui hais la vie et qui veux mourir, pense à ceux qui aiment la vie et qui doivent mourir. Un bon leitmotiv, il me donne toujours autant envie de me battre.
......Me revoilà plantée à l'ordinateur. J'ai mangé mon steack, Paul les siens. A la maison, il ne fait pas vraiment de corvées. Je m'occupe du nettoyage et du lavage la plupart du temps, et parfois de la vaisselle qui est la seule tâche à laquelle il daigne de participer. Et, entre nous, avec tellement de mauvaise grâce qu'il m'arrive de repasser dscrètement derrière lui. Après tout, ça n'est pas dramatique, chaque jour suffit sa peine.
......L'apirateur, les devoirs, un petit coucou sur la Messagerie et au lit. Cette journée si morne m'a éreintée. Et, avec ma santé, je ne peux pas me permettre de vivre de nuit blanche. Les cauchemars me hanteront cette fois encore ; et cette fois encore, les seuls témoins de mon chagrin seront mon B-Z froid, mon oreiller et mes couvertures. Demain, il fera jour.
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alors cette fin de chapitre ? C'est étrange, il y a plus de lignes dans cette fiction à chaque MAJ, mais bizarrement je les écris en beaucoup moins de temps lol...